La Chine bientôt premier pays anglophone, l’Inde possèderait plus d’étudiants diplômés First Grade (mention très bien) que les Etats-Unis ne comptent d’étudiants au total, une moyenne d’emplois différents qui attendrait 10 à 14 dès l’age de 38 ans, des emplois si nouveaux que les 10 types de postes qui seraient les plus proposés en 2010 n’existaient pas en 2004… Un couple sur 8 se serait rencontré en ligne. Le nombre de recherches sur Google s’élève à 31 milliards par mois aujourd’hui, alors qu’elles n’étaient que de 2,7 en 2006. Si l’audience critique de 50 millions de personnes a été atteint en 38 ans avec la radio, ce fut 13 ans avec la télévision, mais seulement 4 ans avec internet, et 2 ans sur Facebook. La somme des informations publiées dans le New York Times en 1 semaine excède ce qu’il était plausible d’accéder comme informations au 18ème siècle dans toute une vie. Les Japonais viennent de tester une fibre optique dont le débit est de 14 milliards de bits par seconde, ce qui équivaut au transfert de 2660 CDs ou 210 millions de conversations téléphoniques au même moment, une capacité qui triple tous les 6 mois et devrait continuer de le faire pendant encore 20 ans. En 2049, un ordinateur classique devrait dépasser la capacité de calcul de l’humanité toute entière…
La plupart de ces estimations non démontrées, encore moins vérifiables (à part les histoires de débit, mais je ne m’en sens pas le courage), et énoncées un peu à l’emporte-pièce proviennent des États-Unis. Cependant, elles trahissent, pour sûrement d’autres pays occidentaux, une tendance à l’utilisation intensive des nouvelles technologies de l’information à toutes les étapes de la vie et pour bien des usages différents. Elles montrent aussi la puissance sidérante et grandissante des machines et des réseaux. Elles rappellent enfin l’émergence de nouveaux mondes, comprenez des pays qui se réveillent, après avoir été jusque là isolés par leur retard technologique ou leurs politiques rétrogrades, mais avec lesquels il faudra désormais compter…
Le Right Here, Right Now de Fatboy Slim ne convient-il pas à merveille pour sonoriser cet inquiétant déluge d’affirmations ? Je veux parler de la musique bien sûr, car pour les paroles, il faudra trouver mieux (“Waking up to find your love’s not real” répété 40 fois). Moi je trouve que ça sonne bien. Après la sourde intro montante à base de révèrbe, le rythme, la répétition, le rengaine mécanique, le rouleau dévastateur, comme inexorable. Brrr…